Il y a quand même, à chacune des dernières saisons, des écarts assez significatifs, dans la réalité, à un tel modèle
En effet, mais à ce qu'on a déterminé, ces écarts ne se reproduisent pas d'année en année pour la même équipe; il n'y a pour ainsi dire aucune corrélation entre la fiche d'une équipe dans les matches décicés par un but d'une année à l'autre:
http://www.puckprospectus.com/article.php?articleid=188&mode=print . Il y a souvent une ou deux équipes qui sont complètement dans le champ, mais ce sont rarement voire jamais les mêmes d'une année à l'autre
Cela veut dire que, en général, les cas "déviants", surtout déviants de façon aussi extrême que le Canadien, ne durent qu'une année, impliquant qu'une équipe n'a pas de talent particulier pour gagner (ou perdre) ces matches serrés et que ces extrêmes sont purement transitoires. En d'autres termes, ça ne nous dit pas grand chose sur la force à long terme d'une équipe et, dans pas mal tous les sports majeurs, la capacité de gagner par de grandes marges et de ne pas perdre comme tel est une meilleure indication de sa force réelle et de ses performances futures. Ou plus prosaïquement: il est très improbable que le Canadien continue de jouer pour 0.300 dans les matches serrés et pour .500 dans ceux qui ne le sont pas.
Intuitivement, c'est quand même logique; un match décidé par un but aurait pu balancer de l'autre côté beaucoup plus facilement qu'un match décidé par trois.
Le différentiel de points est d'autre part un meilleur prédicteur des résultats futurs d'une équipe que les résultats passés et ce, à travers plusieurs sports. La formule s'appelle "Pythagorean Expectation" et, bien qu'elle tire son origine du baseball, le principe s'applique à tous les sports de pointage:
http://en.wikipedia.org/wiki/Pythagorean_expectationBien sûr, comme il s'agit de hockey, le différentiel de buts à ses limites à cause de la grande variabilité des résultats par rapport au processus, mais si ça se trouve, le différentiel du Canadien sous-évalue la qualité de son jeu, surtout en raison de son jeu de puissance et des blessures. Mais il y a lieu de croire que le Canadien est assez fort pour faire les séries, même avec ces facteurs.
Tout ça pour dire que la fiche du Canadien au classement ne doit pas nous aveugler au sujet de la force de cette équipe. Au minimum, on n'a pas affaire à un club qui se fait déclasser soir après soir, comme on semble l'assumer un peu trop souvent à mon goût à cause du ratio victoires-défaites. Le Canadien n'est pas les Oilers d'Edmonton et j'espère que le DG de l'an prochain ne décidera pas de dynamiter le club pour devenir les Oilers...