Bonjour à vous tous très chers lecteurs. Ce matin vous allez me permettre de lorgner du côté humain de ce merveilleux monde du sport qu'est le-nôtre, afin de vous entretenir d'un cas que je me permettrai de traiter de pathétique, un cas sur le quel tout a été écrit, un cas presque unanimement dénoncé mais qui réussi encore à se trouver, pour toutes sortes de raisons, des défenseurs ici et là, un cas qui dans le fond reflète tout simplement la dure réalité du hockey sous la masse salariale d'aujourd'hui, un cas qui a noirci tellement de pages à ce jour qu'il faut être un peu masochiste sur les bords pour encore oser tenter d'écrire quelque chose d'intéressant sur lui. Comme la plupart d'entre vous l'ont probablement deviner, je vais vous entretenir du cas GOMEZ.
J'ai toujours dit que le hasard avait sa manière à lui de faire les choses, et qu'on la comprenne ou non, il réussi souvent à nous surprendre. Hier soir, seulement 4 jours après le tristement célèbre anniversaire de la séquence sans but de Gomez, ce dernier a finalement trouvé le fond du filet avec de surcroit un but marqué en avantage numérique. Imaginez-vous, de un si ce but avait été marqué la semaine passée, les critiques des dénigreurs de Gomez auraient été tout autre, et de deux, depuis le temps que certains décrient l'utilisation de Gomez en PP, voilà qu'il leur fait un superbe pied-de-nez en mettant fin à sa disette justement dans une telle occasion.
Non non, je ne dis pas que du coup Gomez devient un joueur de premier plan pour les Canadiens à cause de ce but, mais je dit que si quelqu'un avait voulu écrire un scénario sur la manière et quand ce but allait survenir, il aurait eu de la difficulté à imaginer une situation plus cocasse.
Maintenant, comme je vous l'ai dit d'entrée de jeu, je vais me permettre de parler de Gomez l'humain, car pour le reste tout a été dit et écrit probablement dans toutes les langues imaginables et plus d'une fois à part ça.
Je fut l'un de premiers à mettre en doute l'acquisition de Gomez par Gainey, il y a de ça déjà près de 3ans passé. Pourquoi, tout simplement parce que j'ai l'habitude, ne me demandez pas pourquoi, de suivre l'évolution de la carrière des joueurs qui signent de faramineux contrats comme UFA, et surtout ceux dont ces mêmes contrats sont décriés par une majorité de gens qui gagnent leur vie en couvrant ce sport. Des contrats justement à la Redden, Yashin, DiPietro, Lecavalier, Brysgalov pas plus tard que l'an passé et Gomez.
Ah! Il y en a bien d'autres, les Komisarek et Kovalev du temps etc. Mais disons que les premiers mentionnés se situent dans une classe à part, autant par le total des argents qu'ils commandent que par leur durée. Et le contrat de Gomez faisait justement parti de cette première catégorie, car tout comme Drury dans le temps, je trouvais que Sather y était aller passablement fort compte tenu de ce que ces deux joueurs avaient accompli jusque là. Puis je me suis réjouis de voir les deux gars se planter avec des performances bien en deçà des attentes en me disant que c'était une bonne leçon à donner à des dgs comme Sather qui aimaient "garocher" leurs argents par les fenêtre et ce même avec la menace que représentait le fameux plafond salarial.
Mais encore une fois, le hasard a fait en sorte que mes réjouissances furent de courte durée, et m'a même mis le nez dans mon caca, le jour où Gainey a mis la main sur Gomez et son contrat. YEURKKK !! Que je me suis alors dit, et croyez-moi, mon entourage en avait entendu parler. Car pour moi, il était évident que ce joueur était sur une pente descendante, et qu'il y avait énormément de chances qu'il atteigne le fond du baril avant l'expiration de son contrat.
Comme beaucoup d'autres, je me suis laissé convaincre. Son acquisition nous permettait de mettre la main sur d'autres bons joueurs, Gionta et Cammalleri, et un changement de décor, surtout de quitter le "country club" des Rangers, ajouté au fait qu'il retrouvait son vieux complice Gionta avec qui il avait connu sa meilleure campagne jusqu'alors dans la LNH avec les Devils, nous laissait un espoir de s'en sortir pas si mal.
Par contre, aujourd'hui je peux dire, sans crainte de me tromper, que j'avais vu juste. Pas parce que j'avais pu lire l'avenir, mais parce que dans le hockey d'aujourd'hui il n'y a pas seulement les performances du joueur sur la glace ou dans le vestiaire qui entre en ligne de compte, mais aussi et surtout le contrat que le joueur traine avec lui est d'une importance primordiale et aura une incidence majeure sur la gestion de toute l'équipe et ce pour la durée du dit contrat. Et c'est sur ce point que l'acquisition de Gomez me faisait douter de la réussite de l'aventure.
Bon, j'avais raison, pis après??? Montréal est aussi une équipe sur la pente descendante, aucun des 7 joueurs acquis à cette époque par Gainey, à grand coup de publicité et de millions, ne s'est avéré à la hauteur des attentes mises en lui, pas même Gionta, le valeureux petit guerrier capitaine, qui ne vaut surement pas les 25M investis pour ses services et ce même s'ils sont encore meilleurs que les millions investis pour Gomez et Cammalleri. Quant aux Moens, Mara, Gill et Spacek, disons qu'aucun d'eux ne verra sa photo pouvoir être contemplée par les générations futures dans le vestiaire des Canadiens.
Mais l'histoire de Gomez qui a tant fait jaser, se démarque des autres par la seule facette humaine de son cas. Gomez est aujourd'hui attaché à un contrat qui mettra probablement fin à sa carrière dans la LNH et il le sait. Un contrat qui fait que des gens le huent, ses performances sur la glace n'étant pas à la hauteur de ce dernier, et il le sait. Un contrat qui fait que partout dans la LNH, on le pointe du doigt et qu'il est devenu à travers cette même ligue le sujet de dérision par excellence, et il le sait. Un contrat qui même s'il assure son avenir, le fait descendre aux enfers en tant qu'humain de son vivant, et il ne le sait que trop bien. Un contrat qui de par la pression qu'il lui a mis sur les épaules, le fait s'éteindre à petit feu et l'entraine dans les abîmes, et ça aussi il s'en rend compte, vous pouvez me croire.
Pourtant, Gomez l'homme sait très bien qu'il est resté le même homme jovial aimé de ses coéquipiers. Qu'il mets probablement autant d'ardeur sinon plus dans son jeu que jadis, sans que les résultats ne soient au rendez-vous. Qu'il demeure un athlète bien au-dessus de la moyenne de la population ordinaire, mais qui ne réussi tout simplement plus à se démarquer parmi l'élite des joueurs que composent la LNH. Que quoiqu'il fasse, il n'y peut désormais plus rien le mal étant irrémédiablement fait. Mais que soir après soir, il se doit quand même de chausser les patins et de sauter sur la patinoire avec ses coéquipiers tout en sachant que d'ici la fin de son contrat, son pire ennemi, il aura à faire face aux huées, à endurer d'être dénigrer par plusieurs, d'être montré du doigt par d'autres.
Donc ce matin, je lève mon chapeau à cet homme qui réussi malgré tous les embûches auxquelles il doit faire face, à garder le sourire, encourager ses coéquipiers et rester une bonne personne. Combien "babouneraient", se renfermeraient sur eux-même ou deviendraient malcommode en visant leurs coéquipiers dans une telle situation??? Vous n'avez qu'à penser à Cammalleri.
Oui, je suis persuadé que la carrière de Gomez est à toute fin pratique terminée, quoique je lui souhaite qu'elle prenne fin d'une manière plus civilisée et surtout plus tranquille et plus satisfaisante pour l'être humain qu'il est. Si l'adage qui dit que c'est par les épreuves traversées que l'on peut juger de la valeur d'une personne, Gomez à de ce point de vue restera surement un grand dans mon esprit. Car dans son cas, le coupable est sans contredit son contrat, mais que voulez-vous, les deux sont indissociable venant toujours l'un avec l'autre.
Félicitation Gomez pour ton but, et vite un paisible retour dans ta si tranquille Alaska.